Animateurs d'ateliers d'écriture - Formation L'ESPRIT LIVRE - Jocelyne Barbas
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voici mon devoir 8

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voici mon devoir 8

Message  france l le Mer 29 Juin - 15:10

Bonjour Jocelyne, voici mon devoir 8
 

Devoir 8

 

1/ Journal de bord de formation:

 

 

Davantage, intervenante en gestation que professionnelle confirmée de l’animation en atelier d’écriture, je choisis de  produire un carnet de bord de formation.

 

A la relecture des  ressources et supports proposés dans mes divers ateliers dans le devoir 4, je relève des idées intéressantes certes, mais aussi un manque de clarté quant à la formulation de la consigne, explications parfois trop vagues, une tendance à mal évaluer la progressivité des consignes et les degrés de réalisation d’objectifs pédagogiques  par rapport au public abordé et une gestion du temps assez floue.

 

A ce propos, cette gestion du temps est mal appréciée dans la préparation du stage à Guéthary dans le devoir 6,  au niveau du déroulement des séances et de la lecture en groupe et des retours.

 

 

Par contre, j’enregistre dans ce projet de stage, une bien meilleure compréhension de la progressivité et l’importance donnée aux supports et ressources.

D’ailleurs, j’exprime dans le devoir 7, combien la documentation et la recherche de textes d’auteurs, ont une importance capitale dans l’élaboration d’un atelier d’écriture.

 

La structuration de mes idées, demeure un peu brouillonne et  mon enthousiasme  a tendance à s’emballer. Il  développe une propension à la densité, sans réellement supputer la gestion du temps dans le déroulement de ce stage.

 

J’ai développé le contenu de ce stage, en adoptant une stratégie personnelle, celle de me mettre à la place des stagiaires, afin de mieux cerner les difficultés, les motivations et les attentes.

 

Ceci dit, en dépit de quelques erreurs d’estimation  horaire et de formulation, le contenu pédagogique de ce stage, me semble construit d’une manière cohérente, graduelle et attractive.

Ce stage étant fictif, il m’est impossible d’établir, l’impact de mes consignes, la concrétisation de la finalité de l’atelier, l’autonomie créative des participants, etc.

 

Cependant, entre le contenu hasardeux, dépouillé et incomplet de mon répertoire d’activités créatives présenté dans le devoir 4 et ce projet de stage, j’établis, des progrès personnels satisfaisants.

J’ai amplement privilégié la qualité et la variété des échanges entre intervenants et participants, en préparant pas à pas le déroulement de la journée.

Et j’ai « alléché » mon public en mettant à sa disposition, les modalités et déroulement de futurs ateliers en vue de vendre mes prestations.

 

A ce jour, je considère  mon répertoire d’activités du devoir 4 comme un tremplin et non comme un répertoire abouti. Ce répertoire, m’apparaît sous forme de condensé à étoffer, à enrichir, à remanier et adapter.

 

Par ailleurs, ma franchise et mon esprit critique qualifient  mes interventions, d’essais et de ce fait, ma grille d’évaluation, passe en revue certaines lacunes, échecs et succès.

 

 

 

2/ Grille d’évaluation de mes interventions présentées dans le devoir 4 :

 

 

 

1/Adéquation des consignes avec les attentes des participants :

 

L’adéquation de mes consignes, peut difficilement répondre aux attentes, puisque je les destine à un vaste public, sans réaliser, combien les attentes sont différentes à 8ans, 30 et 70 ans.

A l’avenir, je vais concevoir mes ateliers en fonction de l’âge des participants et en tenant compte de certaines évidences :

Les participants s’inscrivent à un atelier avec des intentions et des désirs.

Dans un premier temps, les arguments et propositions de ma plaquette de présentation et les entretiens au téléphone, vont me renseigner sur les attentes du public ou du commanditaire de l’atelier.

Dans un second temps, au moment de la rencontre avec ce public bien ciblé, une présentation  et un questionnaire sous forme de jeux, favoriseront une connaissance plus approfondie de mes participants et de leurs objectifs.

 

En fin d’atelier, je proposerai sous forme ludique, questions et suggestions quant à l’expérience commune vécue par les participants.

 

 

2 / Les effets :

 

Dans cette tentative de répertoire d’activités, la rubrique-observations, enregistre bien des difficultés certes, mais également des informations  révélatrices !

 

Mes propositions d’écriture s’avèrent originales, cependant, elles ne respectent  pas la progressivité et forcément mes participants peinent à suivre. Certaines consignes sont à répartir sur deux ou trois ateliers.

Ainsi, je constate de l’enthousiasme suivi de réticence, en raison de la mauvaise élaboration de ces consignes.

 

A l’avenir, je vais les construire d’une manière graduelle, en suivant le processus suivant :

Définition claire et détaillée de la consigne proposée et son imprégnation accompagnée d’explications, d’exemples, d’extraits d’auteurs.

Développement sur la proposition et sur la mise en œuvre, avec conseils rédactionnels et le temps imparti.

Complément méthodologique s’appuyant sur des exemples et textes d’auteurs, des procédés d’écriture par étape, etc.

 

 

 

3/ Espaces d’expression et pratique de lecture et d’écriture :

 

 

Curieusement, en dépit de mon manque de méthode, mes essais d’ateliers ont développé de réels espaces d’expression et d’invention.

C’est une immense surprise. Je pense sincèrement que les participants ont été sensibles à mon dynamisme, ma tolérance et ma détermination à créer un espace d’expression pour chacun.

Aborder l’écriture en la désacralisant, en la mettant à la portée de tous, crée des interrogations et des échanges.

Mon style d’animation en privilégiant la découverte et l’accession à l’expression,  apporte la curiosité de la lecture et de l’écriture.

 

 

4 /Connaissance de soi, développement personnel et affirmation d’une singularité :

 

 

Mes essais d’ateliers, ont également permis aux participants de mieux se connaître et d’explorer des potentiels créatifs complètement ignorés.

J’ai constaté que bien souvent, les participants sont comme amputés d’une partie d’eux-mêmes et que l’expression écrite et orale consentie, restitue cette partie manquante.

 

 

5 / Communication et socialisation :

 

 

La communication au cours de mes ateliers a largement favorisé la socialisation, en amenant  chacun à : confronter son  image au regard d’autrui, à  s’intégrer dans un groupe, à développer une conscience collective par rapport à soi, à gérer ses émotions, à exprimer ses opinions, à s’associer et s’impliquer dans un projet de groupe, à se respecter et s’accepter, à respecter et accepter autrui.

 

 

 

6/ Découvertes et satisfactions :

 

Les participants de mes ateliers ont connu des découvertes, dont la plus étonnante : s’approprier l’acte d’écrire pour exprimer.

L’auto- censure et l’amputation  morale de certains participants, avaient complètement dissocié l’acte d’écrire de celui de formuler et véhiculer des informations, des opinions, des ressentis.

 

La satisfaction de parcourir leurs textes édités, a apporté à  certains de mes participants, une réalité : celle d’être reconnu, apprécié, aimé.

 

 

 

 

 

7/Pertinence et acceptation des conseils :

 

 

Dans l’ensemble, les participants ont accepté mes conseils et dans certains cas, discuter de leur pertinence.

Mes retours intervenant à la suite des avis du groupe, les participants ont déjà un aperçu sur l’impression globale, générée par leurs productions.

Mon point de vue, vient nuancer, conforter ou contester ces avis.

Je commence toujours par une opinion favorable, en mettant en évidence les points forts et intéressants des productions.

Cette approche valorisante, permet aux participants,  de  percevoir leurs capacités et leurs atouts. Beaucoup doutent ou au contraire, se considèrent supérieurs aux autres rédacteurs.

Cette mise en valeur égalitaire, rappelle aux participants combien dans mes ateliers, la personne qui écrit a plus d’importance que ce qu’elle écrit.

 

 

9/ Qualité des textes :

 

 

Les productions et leur qualité rédactionnelle, ont la plupart du temps, provoqué mon étonnement.

J’ai constaté un réel décalage entre les complexes et lacunes invoqués pour justifier l’appréhension d’écrire et les valeurs révélées par les productions.

Inversement, les participants se targuant de facilités rédactionnelles et ayant des aptitudes littéraires, présentent parfois des productions inférieures à leur niveau de capacité.

 

 

10/ Conseils rédactionnels :

 

 

Les  participants adultes maîtrisant la langue française marquent leur attachement à des acquis qu’ils prétendent bien rôdés et satisfaisants.

Ces participants se cantonnent à la lisibilité, à la cohérence et établissent peu de liens avec des textes d’auteurs.

A l’avenir, j’élargirai les horizons littéraires et les consignes permettant à ces rédacteurs de se délester de leurs habitudes et de mettre le cap sur la nouveauté.

 

Les participants en difficulté ou en rupture avec la maîtrise de la langue s’avèrent plus réceptifs aux conseils, à condition qu’ils soient dispensés avec empathie et justesse.

Ces derniers, curieux et conscients de leurs difficultés, commentent avec intérêt, les points à travailler et très souvent, souhaitent améliorer expressivité, intensité narrative, humour, émotion et  figures de style.

Ces participants m’ont suggéré de multiplier les jeux d’écriture avec lesquels, ils se sentent à l’aise et en affinité.

 

 

 

 

 

11/ Conseils méthodologiques :

 

 

Je considère actuellement être en mesure d’apporter à mes participants des conseils méthodologiques basés sur mes connaissances et expériences et par contre, avoir un besoin d’approfondissement quant  au décryptage des procédés d’auteurs, genres littéraires et formes, styles et structures des textes.

Lors de mes retours, j’ai veillé à dispenser ces explications techniques d’une manière progressive, afin de ne pas décourager les rédacteurs et entretenir leur désir d’écrire.

Sur ce point, les conseils donnés aux participants relèvent d’une longue pratique de lectrice et rédactrice.

J’ajoute que la structuration d’un texte reste, selon moi, le principal écueil de l’écriture. D’où la nécessité, pour l’intervenant, d’approfondir des techniques d’écriture.

D’ailleurs, les participants de mes ateliers m’ont interrogée sur mes trucs et astuces.

Ils sont nombreux, variables et organisés sur un mode opératoire très personnel.

Je le dis et précise qu’en dehors des travaux d’écriture commandés, je ne sais jamais ce qui va advenir de ce que j’écris librement.

 

 

12/ Apport de références littéraires :

 

 

Dans mes essais d’ateliers, l’apport de références littéraires manque de diversité.

Depuis, ce premier répertoire d’activités, j’ai collecté et continue d’amasser de nombreux extraits d’auteurs. Je constitue également des fiches de lecture sur les œuvres susceptibles d’étayer et d’enrichir mes consignes d’écriture.

 

A l’avenir, ces extraits d’auteurs, me seront également, une aide précieuse dans le dépassement de certaines difficultés et tensions.

 

13/ Degré d’aboutissement des textes :

 

 

Les productions des participants de mes ateliers ont eu un degré d’aboutissement lié au niveau de l’atelier d’écriture fréquenté et contiennent des défauts et  trébuchements inhérents à l’apprentissage des rédacteurs.

Certaines, ont été éditées par mes soins, dans un but d’encouragement et d’émulation.

Dans le cadre d’un atelier carnet de voyage, récit de vie, journal collectif etc, les rédacteurs, voient dans l’édition de leurs productions, la récompense de leur engagement par rapport à l’atelier d’écriture.

 

A l’avenir, j’ai l’intention de poursuivre l’édition des meilleures productions, en procédant à un vote à l’intérieur des ateliers.

 

 

14/ Stimulation et  progression :

 

 

La stimulation et la progression des rédacteurs, doivent être les objectifs constants de l’intervenant en atelier d’écriture.

Durant les séances de mes divers ateliers d’écriture, j’ai eu l’occasion de constater combien l’enthousiasme des participants s’essouffle et retombe.

Les stratégies de stimulation doivent tenir compte de la motivation des participants et correspondre à leurs aspirations.

Pour mobiliser les participants, il est nécessaire de se tenir informé de leurs attentes individuelles et collectives, des obstacles rencontrés au cours des ateliers.

Cette collecte de renseignements doit être régulière. Elle améliore et approfondit la relation de l’intervenant aux participants et lui permet d’inventer de nouvelles situations appropriées aux désirs.

 

Si l’intervenant a une obligation de moyens et non de résultats, les moyens développés par ce dernier, requièrent une infinie disponibilité et une énergie à toute épreuve pour relancer l’intérêt, provoquer le déclic d’excitation et d’incitation.

 

La progression des rédacteurs dans un premier temps, me semble plus évaluable par rapport à leur assiduité dans la fréquentation de l’atelier, leur aptitude à adhérer à un projet personnel et collectif que selon la qualité et aboutissement de leurs productions.

L’évolution des participants passe par l’acquisition de capacités de communication et de socialisation, c’est un objectif personnel dans mes ateliers.

Les échanges au sein d’un groupe sont des facteurs d’émulation, de progression.

Ces relations basées sur la sécurité et la convivialité, placent les rédacteurs face à un public de lecteurs. Ces lecteurs étant eux-mêmes des rédacteurs, vont émettre des avis et en recevoir en partageant avec le groupe, une ressource commune, l’écriture.

Ces liens établis, stimulés et favorisés par l’intervenant vont, selon le degré d’implication, d’aptitude et de créativité de chacun, lui permettre de perfectionner la qualité et l’aboutissement de ses textes.

 

 

 

15/ Compétences favorisées :

 

Les ateliers que j’ai animés se déroulaient dans différents structures : maison de retraite, centre de loisirs pour enfants, foyer communal.

Les commanditaires n’exigeaient pas de résultats probants, mais surtout une animation  éveillant des capacités de réflexion, d’expression et de créativité.

J’ai répondu à leur attente et à celle des participants, sans avoir vraiment à évaluer les parcours individuels et le suivi des participants.

 

 

15/ Bilan personnel :

 

 

A l’avenir, je compte développer mon activité selon un statut libéral et associatif.

Cette proposition associative en cours, si elle se concrétise, exigera de ma part, une évaluation des parcours  et du rôle de mon atelier au sein de l’association culturelle.

Le public concerné, sera un public de 16 adultes de 30 à 60ans, selon les inscriptions actuelles.

J’envisage de limiter le groupe des participants à huit personnes  par atelier.

Le type d’atelier souhaité par l’association doit encourager l’expression écrite et orale d’une manière récréative et créative.

Les commanditaires ont apprécié particulièrement que mon style d’animation donne la priorité à l’écrivant et non à l’écrit.

 

 

 

4/ Analyse de Don Quichotte :

 

Don Quichotte est une œuvre dont l’importance a fait passer à la postérité certains vocables devenus des expressions courantes. « Dulcinée, hidalgo, se battre contre des moulins à vent… »

Ce roman introduit un genre nouveau, le picaresque. Cervantes, au travers des aventures burlesques d’un nobliau fantasque et d’un paysan, dresse la satire

d’une époque. Avec réalisme, il décrit les travers d’une société et son engouement pour les romans de chevalerie.

Cette œuvre a une construction baroque assez déroutante pour le lecteur, avec des digressions, des longueurs et des récits amenés par un récit encadrant.

Ces récits sont relatés par des personnages que Don Quichotte rencontre et constituent de véritables nouvelles.

Cette œuvre rappelle le classique arabe « Les mille et une nuits »ou « Le Décaméron ».

Cervantes a fabriqué de multiples récits encadrés par un méga-récit encadrant.

 

Cette technique ancienne, est des plus intéressantes,  lorsqu’il  s’agit de relier des nouvelles en un recueil.

Le récit encadrant utilisé par Cervantes, crée une soudure entre les divers récits et une continuité de lecture qui manque au recueil de nouvelles éparses.

 

Cervantes a un vocabulaire grand public, c’est un conteur au registre dense et bigarré. On s’égare un peu dans les digressions de l’auteur trop prolixe, mais on a la joie de comprendre. Chez Cervantes, on perçoit un désir de transmission orale destiné à tous et non pas réservé à l’élite.

 

Cervantes a une prose teintée de poésie lyrique, qui fait parfois sourire en raison de ses excès. Sans doute, est-ce intentionnel, pour donner une vigueur et un ton au texte.

Ce texte foisonne de dictons, de considérations littéraires, de raisonnements, de dialogues admirables et de figures de style, pas  toujours débusquées par le lecteur.

A cette extrême variété de rythmes et  de tons, mélancolique, parodique, comique ;

s’oppose la concision des descriptions de lieux.

 

Ce contraste est, je le pense voulu par l’auteur, pour valoriser les formes d’expression en les situant  dans des espaces peu décrits. Le propos a plus d’importance que l’endroit où il se développe.

 

Ainsi, le premier chapitre débute  à la manière d’un conte, lieu et époque non précisés.

Le narrateur- témoin, use du « je ».

D’entrée, « la lance au râtelier, vieille rondache, maigre roussin… » appartiennent  au registre lexical de la vétusté et se présentent en figure d’accumulation et d’hyperbole.

 

La description inventaire relative aux menus du personnage, permettant d’évaluer ses revenus grâce au contenu de son assiette, me semble une figure de personnification.

La nourriture exprime la médiocrité des conditions de vie. De plus, Cervantes, écrit « consumaient » et non « consommaient », analogie entre manger et dévorer, brûler, utiliser une substance en la ruinant.

Cette description en amène d’autres, celle de sa mise et de son entourage.

 

L’intérêt du procédé de l’auteur réside dans  ces descriptions successives plus évocatrices que :

« Naguère, vivait un chevalier, mangeant frugalement dans un piètre et restreint environnement. »

 

A la suite de ces descriptions campant le personnage, l’auteur interpelle le lecteur et « un chevalier » devient « notre chevalier ». Ce procédé, a pour effet de renforcer l’attention du lecteur.

Ici, en quelques phrases, un chevalier n’est plus un quelconque individu mais appartient au lecteur ou à l’auditoire qui va forcément participer au récit.

 

Après cette intervention de l’auteur, se produit un changement de focalisation, de la focalisation externe, l’auteur passe à la focalisation zéro : « Quelques uns lui donnent… »

L’auteur qui ne faisait que dépeindre d’une façon extérieure  le personnage, sait tout de lui.

 

Ce procédé, apporte une intensification. Le lecteur a d’abord  l’idée d’un vague personnage qui devient le sien et qui fut connu, nommé.

Et là, Cervantes appâte le lecteur  en lui suggérant : « peu importe à notre récit… »

Le lecteur par ce procédé, devient partie prenante et va poursuivre ce récit !

Surtout, après cette surenchère de l’auteur : « pourvu qu’il ne s’écarte jamais de la vérité. »

« Il est bon de savoir », est un indice d’opinion de l’auteur qui en quelques lignes, intervient  à diverses reprises auprès du lecteur et crée avec lui une entente, une intimité. Ce procédé, capture le lecteur.

 

« il y prit goût.. », l’auteur use de l’ellipse  procédé de raccourci éludant plusieurs pans de la vie du chevalier. Ce procédé permet d’aller à l’essentiel et d’exprimer que la passion dévorante du chevalier le conduit à la ruine.

L’ellipse, se rencontre très souvent dans l’écriture de la nouvelle, du conte et celle du roman minimaliste, au style dépouillé.

 

« Mais de tous ces romans… »,   l’ auteur utilise l’intertextualité, procédé introduisant dans le texte, le ou les textes d’autres auteurs.

« La raison de la déraison… et « Les hauts cieux… »,  ici,  Cervantes  emploie l’antanaclase,   procédé consistant à reprendre un même mot avec un sens différent.

 

« Avec tous ces amphigouris… »,  autre ellipse, passant sous silence les discours embrouillés, l’auteur toujours dans la focalisation zéro, émet un indice d’opinion

et a encore recours à l’intertextualité pour faire allusion  à Aristote et évoquer le rapport du chevalier avec don Belianis, héros de roman.

 

Le procédé précise que don Quichotte, s’identifie à ce héros et ce procédé est plus habile qu’un résumé de la vie de ce héros de roman et l’impression produite.

De plus, il apporte de façon brève, un éclairage sur la psychologie du chevalier.

 

 

« Plus d’une fois même… »  est encore une ellipse et « Il eut, en mainte occasion… » marque un retour sur des évènements antérieurs au moment de la narration  ou analepse,  introduisant les personnages du curé et du barbier.

L’auteur fait allusion aux héros de l’époque par le biais de l’intertextualité.

 

Le procédé permet au lecteur de découvrir rapidement les caractéristiques des chevaliers cités et de révéler le débat entre le chevalier, le curé et le barbier.

Le procédé s’avère ingénieux de la part de Cervantès.

Un  autre rédacteur se serait sans doute lancé dans un développement fastidieux sur les prouesses de ces chevaliers et  une scène, un dialogue entre le chevalier et ses interlocuteurs.

Ici, en quelques phrases, Cervantes, campe les relations du chevalier, apporte des références historiques, des commentaires et par le choix du rythme, ellipse, retour en arrière, accélère le récit.

 

« Enfin il s’enfonça », résume l’action par un sommaire couvrant  une période plus ou moins longue.

Le procédé, intensifie l’indice d’opinion de l’auteur quant au devenir du chevalier.

Il précipite le récit et la fin du chapitre.

 

Le chapitre s’achève par une figure d’accumulation à propos de ce que voit le chevalier dans ses livres « enchantements, querelles, batailles… » et une antithèse qui oppose cette énumération à la réalité : « ce tissu d’inventions  et de rêveries… ».

 

Le procédé apprend au lecteur qu’il va aborder l’histoire d’un homme  extravagant, dominé par une pensée romanesque et imaginative.

 

 

5/ Dialogue avec un  participant :

 

Le participant a trente ans et a accepté de répondre à une consigne que je vous ai empruntée.

Il s’agit de la consigne : « Ecrivez à… votre écriture ».

Ce participant impromptu, n’a jamais participé à un atelier d’écriture.

De ce fait, je reste à ses côtés et observe ses réactions durant la lecture de la consigne. Volontairement, j’ai écarté des extraits d’auteurs trop littéraires pour un premier atelier.

 

- Que penses –tu de la consigne que je viens de te proposer ?

- L’écriture, c’est un mode de communication que je contrôle le moins.

- Quelle est ta relation à l’écriture ?

- Nulle !

- Préfères-tu la lecture à l’écriture ?

- Ma dernière lecture, c’est ma feuille d’impôt, le programme de Roland Garros, ma dernière grille de mots croisés. Etre cruciverbiste, ça aide si tu ne veux plus faire de fautes d’orthographe.

Je reprends :

-Dans cette consigne…

- J’ai horreur des contraintes ! Consigne et contrainte, c’est synonyme ?

- Pas tout à fait. La consigne est une instruction, la contrainte est une pression morale.

- Je n’ai pas d’instruction et  je ne veux  pas de juge…d’instruction ! Je suis de la D.D.A.S, alors les juges !

 

-Bon, dans cette proposition d’écriture, as-tu trouvé un point qui te semble intéressant ?

- Oui, je veux comprendre et dépasser mes blocages.

- Pour que je puisse les comprendre, il est nécessaire que tu les formules.

- Par écrit ? On n’est pas dans la merde !

- Je te conseille de lire la proposition d’écriture et ensuite de poursuivre par le procédé d’écriture.

Le participant, grimace, écarquille les yeux et soudain se détend.

En souriant, il demande :

- Je vais pouvoir écrire une chanson ? C’est quoi cette étape et la liste ?

- Oui, tu peux si tu le veux, écrire une chanson. Cette étape propose de choisir, par exemple, une liste de ce que tu aimes et de ce que tu n’aimes pas. Tu peux aussi faire une liste des manières dont tu écris. Pour chaque choix, tu limites ta liste à trois phrases.

- J’y vais ?

-Oui.

Le participant écrit et je m’écarte.

- Je te lis ma liste ?

- Oui.

- Je n’aime pas lire des livres compliqués avec des mots que je ne comprends pas.

- Je n’aime pas écrire des lettres à cause des fautes d’orthographe.

- Je n’aime pas écrire, car j’essaie de remplacer les mots que je ne sais pas écrire par des synonymes et à la fin ma lettre n’exprime plus mes pensées.

 

 

-J’aime les mots croisés et les mots fléchés.

-J’aime le sudoku. Le sudoku, évoque une enquête policière où chaque chiffre a sa place.

-J’aime le slam et j’ écris du slam. Le slam, c’est la liberté.

- Peux –tu m’expliquer ce qu’est le slam.

- C’est de la poésie que tu chantes en public, en  improvisant ou en l’apprenant par cœur,  en gueulant ou en  chuchotant. Tu exprimes ton mal ou ton bonheur, tes galères ou tes bons plans. Toi, si tu connaissais, tu aimerais.

- Pourquoi ?

- Parce-que le slam, donne la parole à tout le monde. Même si ce n’est pas vrai dans notre société, le slam donne la parole avec une liberté de style et de sujet.

-Tiens ? Alors, le slam a une démarche et une intention proches de la proposition d’écriture.

- Attends ! Le slam a des règles, un jury, des notes…

Le participant explique les principes de base du slam.

J’établis des ressemblances avec la proposition d’écriture et le déroulement d’un atelier d’écriture et le participant est épaté par cette révélation.

- Alors, pour écrire à mon écriture, je vais utiliser le slam.

 

Extrait de son texte, après correction des fautes d’orthographe :

 

«  Ecriture, tu me tortures, suis pas un licencié, un intellectuel.

O rage, ô désespoir de ces années au fond du couloir.

Ecriture, tu  fais mal, suis un oisillon sans ailes.

Suis un gosse réclamant une lettre d’elle.

O rage d’elle, ô désespoir de ces années au fond du dortoir.

Ecriture, je te cherche dans le vide de mon histoire.

Suis devenu un faucon dépeçant la  mémoire.

Ecriture, je pleure le manque d’une lettre d’elle.

En t’apprenant, je découvre l’absence cruelle.

 

Ecriture, je me souviens, de ce refus mordant.

Ce premier mot que disent les enfants

Je ne veux pas le lire, je ne veux pas l’écrire.

 

Suis devenu un homme qui se livre

Ecriture, je te trouve et le désir de vivre

Murmure ce mot d’enfant, maman... »

 

Pour conclure, ce dialogue, ce participant m’a suggéré d’établir tout un répertoire de jeux de mots  pour faciliter l’écriture et d’introduire le slam dans mes propositions d’écriture, en proposant des extraits de slam.

Il a ajouté avec malice, que des « comme lui, j’allais en rencontrer à la pelle et que je devais être ouverte à tous les espaces d’expression. »

 

 

 

6/ Expression libre :

 

 

La polémique sur apprendre ou ne pas apprendre à écrire, persistera.

Ayant opté pour la formation, je sais que « l’écriture n’est pas l’expression géniale et solitaire d’une personnalité exceptionnelle… »

Marie Darrieussecq a parfois le discours pompeux et élude ses quêtes personnelles pour accéder à « une personnalité exceptionnelle ».

 

Je suis d’accord sur l’efficacité et la rapidité de l’apprentissage en groupe qui n’exclue pas le travail en solitaire.

Ce travail en solitaire s’éreinte bien souvent en longues tentatives par manque de méthodes et surtout de stimulations.

 

Personnellement, le plaisir d’écrire prime sur le désir d’éditer et je considère que l’acquisition de techniques peut être utile pour accroître des potentiels, des dons déjà existants.

Toutes disciplines artistiques passent par un enseignement, un apprentissage, un perfectionnement et demandent une pratique régulière.

 

L’art d’écrire, serait-il une exception ?

 

J’en doute et avant la vulgarisation des ateliers d’écriture, les auteurs se réunissaient entre eux sous la houlette d’une personnalité du monde littéraire.

Dans ces cercles de travail et de mise en œuvre, les participants mettaient en commun  leurs ressources dans un but de finalité créative.

 

Je vous remercie de votre attention et vous confirme mon inscription à la formation de première année de l’Aimant Littéraire.

 

France Lacroix

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
 

france l
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